Ce qui va changer en 2026 pour l'apprentissage et la formation

Ce qui va changer en 2026 pour l'apprentissage et la formation

Réglementation & Réformes
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Deux textes budgétaires structurent l'année 2026 pour les centres de formation d'apprentis (CFA). Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), adopté le 16 décembre 2025, maintient l'exonération de cotisations salariales des apprentis. La loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales, adoptée définitivement le 11 mai 2026, instaure une amende de 4 500 € pour les CFA qui ne transmettent pas leur comptabilité analytique à France compétences. Mise à jour mai 2026.

Revirement majeur sur le PLFSS 2026 : la suppression totale de l'exonération de cotisations salariales des apprentis, initialement prévue par l'article 9 du projet de loi présenté en octobre 2025, a finalement été abandonnée. Le texte définitif validé par le Conseil constitutionnel fin décembre 2025 rétablit le dispositif d'exonération. Source : AEF Info, 17 décembre 2025.
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Synthèse des deux textes structurants pour 2026

Les deux lois budgétaires de l'année produisent des effets très différents sur le quotidien des CFA. Le PLFSS sécurise la rémunération nette des apprentis et donc l'attractivité du contrat. La loi anti-fraude impose en revanche de nouvelles obligations de transparence financière et étend les pouvoirs de sanction des autorités de contrôle.

Texte Statut d'adoption Mesure clé Impact CFA
PLFSS 2026 Adopté le 16/12/2025 Exonération de cotisations salariales apprentis maintenue Statu quo sur le net apprenti
Loi anti-fraude sociale Adoptée le 11/05/2026 Amende 4 500 €, droit de reprise 10 ans, contrôles CPF renforcés Obligations comptables, sanctions élargies
Loi n° 2025-199 du 28/02/2025 En vigueur depuis le 01/03/2025 CSG-CRDS sur part de salaire > 50 % SMIC Statu quo, applicable aux nouveaux contrats

Que devient l'exonération de cotisations salariales des apprentis ?

L'exonération de cotisations sociales salariales des apprentis est intégralement maintenue pour les contrats signés en 2026. La version initiale de l'article 9 du PLFSS prévoyait sa suppression totale dès le 1er janvier 2026. Après plusieurs revirements entre l'Assemblée nationale et le Sénat, le texte définitif adopté le 16 décembre 2025 a rétabli le dispositif.

Le parcours parlementaire chaotique de l'article 9

Le projet initial du gouvernement visait une économie de plusieurs centaines de millions d'euros sur le budget de la sécurité sociale. Le 7 novembre 2025, l'Assemblée nationale a adopté sept amendements supprimant cette mesure, par 232 voix contre 2. Le 21 novembre, le Sénat a rétabli la version initiale. Le 5 décembre, les députés ont à nouveau annulé la suppression en nouvelle lecture. Le texte définitif, voté en lecture finale le 16 décembre 2025, retient la position de l'Assemblée nationale.

Cette mesure aurait entraîné, selon les calculs de l'Anaf, une baisse de rémunération nette comprise entre 101 € et 187 € par mois pour les apprentis concernés. Son abandon préserve le pouvoir d'achat des apprentis et l'attractivité du contrat d'apprentissage. Source : AEF Info, 17 décembre 2025.

Ce qui reste en vigueur depuis 2025

L'assujettissement à la CSG-CRDS de la part de rémunération supérieure à 50 % du SMIC, acté par la loi n° 2025-199 du 28 février 2025, reste applicable. Il concerne les contrats conclus depuis le 1er mars 2025. Cette mesure est codifiée à l'article L.136-1-1 du Code de la sécurité sociale.

Concrètement, un apprenti dont la rémunération dépasse 933,51 € bruts (soit 50 % du SMIC mensuel à 1 867,02 € depuis le 1er juin 2026) est soumis aux contributions CSG-CRDS sur la fraction excédentaire. Une tentative de retrait de cet assujettissement, portée par le groupe socialiste en commission, a été retirée du texte final.

Que change la loi anti-fraude formation pour les CFA ?

La loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales a été adoptée définitivement par le Sénat le 11 mai 2026, sur les conclusions de la commission mixte paritaire (CMP), par 244 voix. Elle introduit quatre changements majeurs pour les CFA et les organismes de formation (OF) : renforcement des contrôles, durcissement des sanctions, encadrement du CPF et transmission obligatoire des comptabilités analytiques à France compétences.

Calendrier d'adoption du texte

Annoncée par François Bayrou le 15 juillet 2025 lors de la présentation du budget 2026, la loi a survécu aux changements de gouvernement. Elle a été adoptée en Conseil des ministres le 14 octobre 2025, puis examinée par le Parlement entre novembre 2025 et mai 2026. L'adoption définitive au Sénat le 11 mai 2026 met fin au parcours législatif. Les décrets d'application sont en cours de préparation au moment de la mise à jour.

Les mesures qui concernent directement les CFA

  • Droit de reprise étendu à 10 ans en cas de fraude établie.
  • Contrôles anonymes renforcés sur les formations à distance.
  • Sanctions administratives simplifiées prononcées directement par les Dreets.
  • Pouvoirs étendus de la Caisse des dépôts pour récupérer les fonds frauduleux.
  • Obligation de présentation à la certification pour les formations CPF, sous peine de remboursement.
  • Publicité possible des sanctions préfectorales.
  • Solidarité élargie aux sous-traitants pédagogiques et logistiques en cas de fraude.

Une circulaire de la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) de février 2026 fixe par ailleurs un objectif clair : 75 % des contrôles cibleront le CPF et l'apprentissage en 2026-2027. Les CFA doivent donc anticiper une probabilité de contrôle nettement accrue sur les deux prochaines années.

Quelle est la nouvelle obligation de comptabilité analytique ?

L'article 16 de la loi impose à chaque CFA de transmettre annuellement sa comptabilité analytique à France compétences. Les données doivent être accompagnées d'une attestation de fiabilité délivrée par un commissaire aux comptes ou un expert-comptable. À défaut, le CFA s'expose à une amende administrative de 4 500 € prononcée directement par la Dreet compétente.

Le contenu de l'obligation

La comptabilité analytique est un système comptable qui détaille les coûts par activité, par filière ou par groupe d'apprenants. Elle permet à France compétences d'évaluer le coût réel des formations et de calibrer les niveaux de prise en charge (NPEC) versés aux CFA. La transmission devient annuelle et obligatoire, contre une démarche jusqu'ici peu structurée.

L'attestation de fiabilité

Les données comptables doivent être certifiées par un commissaire aux comptes ou un expert-comptable. Cette attestation engage la responsabilité du professionnel certificateur. Les CFA gérés par un comptable public sont dispensés de cette obligation puisque leurs comptes font déjà l'objet d'une certification publique.

Point d'attention : la sanction administrative de 4 500 € remplace une sanction pénale précédemment prévue mais rarement appliquée. La nouvelle procédure, gérée par les Dreets, est plus rapide et plus dissuasive. Les remontées 2024 et 2025 serviront de référence pour fixer les nouveaux NPEC à partir de 2026.

L'impact sur le financement de l'apprentissage

Ces données alimenteront la valeur de référence des NPEC à partir de 2026. France compétences en attend une meilleure fiabilité des coûts pour piloter le financement de l'apprentissage. Les CFA dont la comptabilité reflète des coûts élevés bénéficieront de NPEC plus généreux. À l'inverse, les CFA dont les coûts paraissent surévalués s'exposent à un ajustement à la baisse. Source : Ofa-link, 21 octobre 2025.

Quels nouveaux pouvoirs pour les autorités de contrôle ?

La loi élargit significativement les prérogatives des Dreets, de la Caisse des dépôts et des Services régionaux de contrôle (SRC). Trois acteurs voient leurs moyens d'action renforcés sur le périmètre de la formation et de l'apprentissage.

La Caisse des dépôts récupère les fonds frauduleux

Gestionnaire du compte personnel de formation (CPF), la Caisse des dépôts dispose désormais d'un pouvoir étendu pour récupérer directement les fonds versés à un organisme frauduleux. La procédure de recouvrement est simplifiée et le délai de prescription porté à 10 ans. Cette mesure cible particulièrement les fraudes en bande organisée, qui peuvent désormais être sanctionnées de 500 000 € d'amende et 5 ans de prison.

Les Dreets prononcent les sanctions administratives

Les Directions régionales de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (Dreets) gagnent une compétence directe pour prononcer les amendes administratives. Cette procédure remplace la voie pénale, plus longue et moins utilisée. Elle s'applique notamment à l'amende de 4 500 € pour défaut de transmission de la comptabilité analytique. Les sanctions peuvent désormais être rendues publiques.

La DGEFP cible 75 % des contrôles sur le CPF et l'apprentissage

La circulaire DGEFP de février 2026 oriente l'action des Services régionaux de contrôle pour la période 2026-2027. Elle fixe un objectif chiffré : 75 % des contrôles cibleront prioritairement le CPF et l'apprentissage. La sélection des cibles s'effectue par signaux d'alerte et par faisceau d'indices, le ratio inspecteurs/organismes étant défavorable.

Que change la loi sur les formations CPF ?

Trois mesures concernent spécifiquement les formations financées par le compte personnel de formation. Elles visent à fiabiliser le parcours du bénéficiaire et à responsabiliser les organismes de formation sur le résultat de la prestation, pas seulement sur sa délivrance.

L'obligation de présentation à la certification

Toute formation CPF certifiante doit désormais inclure une obligation de présentation à l'examen final. Si le bénéficiaire ne se présente pas, il devra rembourser les sommes engagées, sauf en cas de motif légitime (maladie, force majeure, hospitalisation). Cette mesure responsabilise le stagiaire et limite les inscriptions opportunistes sans intention de finaliser le parcours.

La solidarité avec les sous-traitants pédagogiques

En cas de travail dissimulé détecté dans la chaîne de prestation, l'organisme donneur d'ordre devient solidairement responsable des manquements de son sous-traitant. Le choix des partenaires pédagogiques et logistiques devient donc un point de vigilance majeur. Une revue annuelle des contrats de sous-traitance s'impose comme bonne pratique de gestion des risques.

Comment anticiper ces évolutions dans votre CFA ?

La conformité administrative pure ne suffit plus pour passer un contrôle de financeur ou un audit Qualiopi. Les Dreets et France compétences attendent désormais des preuves vérifiables à chaque étape du parcours apprenant. Trois chantiers structurent la mise en conformité d'un CFA pour 2026.

  1. Fiabiliser le suivi comptable et préparer la remontée annuelle France compétences.
  2. Renforcer la traçabilité des parcours apprenants et des feuilles d'émargement.
  3. Sécuriser les sous-traitants pédagogiques face au nouveau risque de solidarité.

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✅ À retenir

  • Le PLFSS 2026 adopté le 16/12/2025 maintient l'exonération de cotisations salariales des apprentis, contrairement au projet initial.
  • La loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales a été adoptée définitivement par le Sénat le 11 mai 2026 (244 voix).
  • Une amende administrative de 4 500 € sanctionne les CFA qui ne transmettent pas leur comptabilité analytique à France compétences, prononcée par les Dreets.
  • Le droit de reprise en cas de fraude est porté à 10 ans, et les fraudes en bande organisée peuvent être sanctionnées de 500 000 € et 5 ans de prison.
  • Une circulaire DGEFP de février 2026 fixe à 75 % la part des contrôles 2026-2027 ciblant le CPF et l'apprentissage.
  • Les formations CPF imposent désormais une obligation de présentation à la certification, sous peine de remboursement (sauf motif légitime).
  • Les sous-traitants pédagogiques entrent dans le périmètre de solidarité : le choix des partenaires devient un enjeu de gestion des risques.
  • Les CFA gérés par un comptable public sont dispensés de l'attestation de fiabilité.

Questions fréquentes

L'exonération de cotisations salariales des apprentis est-elle supprimée en 2026 ?

Non. Le PLFSS 2026 définitivement adopté le 16 décembre 2025 maintient cette exonération. La suppression totale prévue dans la version initiale de l'article 9 a été retirée après plusieurs allers-retours entre l'Assemblée nationale et le Sénat. Les apprentis continuent de bénéficier de l'exonération dans les conditions fixées par la loi n° 2025-199 du 28 février 2025.

Quand la loi anti-fraude sociale entre-t-elle en vigueur ?

La loi a été adoptée définitivement par le Sénat le 11 mai 2026 sur les conclusions de la commission mixte paritaire. Son entrée en vigueur effective dépend de la publication des décrets d'application, en cours de préparation. Certaines dispositions sont applicables dès la publication de la loi au Journal officiel.

Quels CFA sont concernés par l'amende de 4 500 € ?

Tous les CFA tenus de transmettre leur comptabilité analytique à France compétences. La sanction vise le défaut de transmission ou la transmission sans attestation de fiabilité (commissaire aux comptes ou expert-comptable). Les CFA gérés par un comptable public sont dispensés d'attestation. L'amende est prononcée directement par la Dreet compétente.

Que se passe-t-il si un apprenti ne se présente pas à sa certification CPF ?

Le bénéficiaire devra rembourser les sommes engagées au titre du CPF, sauf en cas de motif légitime (maladie, force majeure, hospitalisation). Cette obligation s'applique aux formations financées via le compte personnel de formation. Pour l'organisme de formation, l'absence du bénéficiaire à la certification doit être déclarée à la Caisse des dépôts.

Quel est l'impact de la circulaire DGEFP de février 2026 sur les CFA ?

La circulaire fixe un objectif de 75 % des contrôles ciblant le CPF et l'apprentissage sur la période 2026-2027. Les CFA doivent anticiper une probabilité de contrôle accrue et renforcer la traçabilité des parcours apprenants, des feuilles d'émargement et des évaluations.

Un CFA est-il responsable des manquements de ses sous-traitants pédagogiques ?

Oui, depuis la loi adoptée le 11 mai 2026. En cas de travail dissimulé détecté dans la chaîne de prestation, l'organisme donneur d'ordre est solidairement responsable. Une revue annuelle des contrats de sous-traitance et une vérification de la certification Qualiopi des partenaires s'imposent comme bonnes pratiques.

Qu'est-ce que la comptabilité analytique pour un CFA ?

La comptabilité analytique détaille les coûts par activité, par filière ou par groupe d'apprenants. Elle permet d'évaluer le coût réel des formations, en complément de la comptabilité générale. France compétences l'utilise pour calibrer les niveaux de prise en charge (NPEC) versés aux CFA pour chaque diplôme financé.

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