Rupture de contrat d'apprentissage : procédure, délais et impact CFA en 2026

Rupture de contrat d'apprentissage : procédure, délais et impact CFA en 2026

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La rupture d'un contrat d'apprentissage est un événement à la fois courant et lourd de conséquences. Selon la DARES, près d'un contrat sur trois fait l'objet d'une rupture avant son terme, principalement durant la première année. Côté entreprise, c'est un sujet RH sensible, encadré par des procédures précises. Côté CFA, c'est aussi et surtout un événement financier majeur : chaque rupture entraîne une proratisation du financement OPCO, parfois un remboursement de tranches déjà versées, et toujours un impact direct sur la trésorerie.

Ce guide récapitule les 5 motifs légaux de rupture du contrat d'apprentissage en 2026, les procédures à respecter de part et d'autre, et surtout les conséquences financières concrètes pour les CFA et les entreprises, en s'appuyant sur les articles L6222-18 et suivants du Code du travail.

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Les 5 motifs légaux de rupture du contrat d'apprentissage

Depuis la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, le régime de rupture du contrat d'apprentissage a été considérablement simplifié. Auparavant, toute rupture au-delà des 45 premiers jours nécessitait un passage devant le conseil de prud'hommes. Aujourd'hui, le Code du travail prévoit 5 motifs principaux, chacun avec sa procédure et ses délais propres.

Motif de rupture Quand Formalisme Préavis
Pendant période probatoire 45 jours pratique entreprise Notification écrite Aucun
Commun accord À tout moment après 45 jours Convention écrite signée par les 2 parties Aucun
Démission de l'apprenti Après 45 jours Saisine médiateur + notification écrite 5 j + 7 j
Initiative de l'employeur Faute grave, inaptitude, force majeure Entretien préalable + notification motivée Selon motif
Exclusion définitive du CFA Décision du CFA notifiée à l'employeur Entretien préalable + notification écrite (procédure assimilée à un licenciement) Selon procédure
Manquements graves employeur (nouveau 2026) Après 45 jours, à l'initiative de l'apprenti Notification écrite + saisine prud'hommes a posteriori Aucun

Chaque motif obéit à des règles précises. C'est l'enchaînement procédure / formalisme / délai qui détermine la régularité de la rupture, et donc la possibilité pour l'OPCO de valider les versements ou d'exiger un remboursement. Les sections suivantes détaillent chacun des 5 cas.

La période probatoire : 45 premiers jours de formation pratique

Une rupture libre pour les deux parties

Pendant la période probatoire (article L6222-18 du Code du travail), tant l'employeur que l'apprenti peuvent rompre le contrat librement, sans motif, sans procédure et sans indemnité. Une simple notification écrite suffit, par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge. Aucun préavis n'est exigé.

Cette période est calculée en jours de formation pratique en entreprise, soit les jours effectivement travaillés. Les périodes passées en formation au CFA, les congés et les jours d'absence ne sont pas décomptés. Concrètement, un apprenti qui démarre en septembre, alterne 1 semaine en entreprise puis 1 semaine au CFA, atteint la fin de sa période probatoire vers fin novembre, et non mi-octobre.

Période probatoire vs période d'essai : depuis la loi du 5 septembre 2018, on parle de « période probatoire ». Elle dure 45 jours de formation pratique en entreprise (jours effectivement travaillés), pas 45 jours civils. Un apprenti en formation continue 3 semaines au CFA reste en période probatoire à son retour.

Conséquences pour le CFA

Si la rupture intervient pendant la période probatoire, l'OPCO finance les jours effectivement réalisés en formation, sur la base de la formule : NPEC ÷ 365 × nombre de jours de formation effectifs. La première tranche de 40 % du financement, généralement versée au moment du dépôt du Cerfa, fait alors l'objet d'un recalcul rétroactif. Si elle excède le montant proratisé, l'OPCO peut exiger le remboursement de la différence, ou la déduire d'autres contrats en cours.

C'est pourquoi de nombreux CFA mettent en place un suivi rapproché des premières semaines des contrats, en lien étroit avec les maîtres d'apprentissage, pour détecter les signaux faibles et accompagner les ajustements avant que la rupture ne devienne inéluctable.

Les modes de rupture après la période probatoire

Une fois la période probatoire écoulée, la rupture ne peut intervenir que dans des cas précis et selon des procédures encadrées. Le Code du travail prévoit 4 cas distincts.

1. La rupture d'un commun accord

L'apprenti et l'employeur peuvent mettre fin au contrat à tout moment, d'un commun accord. Aucun motif n'est exigé. La seule formalité est la signature d'une convention écrite de rupture, datée et signée par les deux parties. Depuis 2018, aucune homologation administrative n'est requise. La convention est annexée au dossier transmis à l'OPCO pour notification de la rupture.

Ce mode de rupture est le plus utilisé en pratique : il évite tout contentieux et permet aux deux parties de s'accorder sur la date effective de fin de contrat, souvent calée sur une fin de période en entreprise pour fluidifier la clôture du dossier OPCO.

2. La démission de l'apprenti

L'apprenti qui souhaite rompre son contrat de sa propre initiative doit suivre une procédure en deux temps, prévue par l'article L6222-18 du Code du travail.

Premièrement, il doit saisir le médiateur de l'apprentissage de la chambre consulaire compétente (CCI pour les entreprises commerciales et industrielles, CMA pour les artisans, chambre d'agriculture pour le secteur agricole). Cette saisine est obligatoire et sans elle, la démission est juridiquement irrégulière, ce qui peut conduire au paiement d'une indemnité par l'apprenti pour rupture abusive.

Deuxièmement, il doit informer l'employeur par écrit de sa décision, après un délai minimum de 5 jours suivant la saisine du médiateur. La rupture effective intervient ensuite 7 jours après la notification à l'employeur. Au total, le délai minimum entre la première démarche et la fin effective du contrat est donc de 12 jours.

3. La rupture à l'initiative de l'employeur

L'employeur peut rompre le contrat d'apprentissage dans trois cas limitatifs :

  • La faute grave de l'apprenti : insubordination répétée, absences injustifiées, vol, violence, etc. Un avertissement écrit préalable est fortement recommandé pour sécuriser la procédure, et la rupture passe par un entretien préalable (article L1232-2 et suivants du Code du travail, applicables par renvoi) suivi d'une notification écrite motivée.
  • L'inaptitude de l'apprenti, constatée par le médecin du travail. La rupture intervient si aucun reclassement n'est possible, dans le cadre des dispositions classiques applicables au licenciement pour inaptitude.
  • La force majeure : événement extérieur, imprévisible et irrésistible rendant impossible la poursuite du contrat (cessation totale d'activité, sinistre majeur, etc.). La cessation économique seule, sans caractère imprévisible, ne suffit pas.

Dans tous les cas, la procédure doit être écrite et motivée. Une rupture pour faute grave non démontrée ou pour force majeure non caractérisée peut être requalifiée par le conseil de prud'hommes en rupture abusive, ouvrant droit à des dommages et intérêts pour l'apprenti.

4. L'exclusion définitive du CFA

Lorsque le CFA prononce une exclusion définitive de l'apprenti (manquements graves au règlement intérieur, absences caractérisées, etc.), l'employeur peut rompre le contrat. Contrairement à une idée répandue, cette rupture n'est pas une formalité automatique : elle reste assimilée à une procédure de licenciement et nécessite un entretien préalable avec l'apprenti, suivi d'une notification écrite et motivée. La décision d'exclusion prononcée par le CFA doit elle-même avoir été prise selon une procédure disciplinaire formalisée (conseil de discipline, droit à la défense de l'apprenti).

5. Le décès de l'apprenti ou la force majeure assimilée

Le décès de l'apprenti entraîne la rupture automatique du contrat. La date de la rupture est celle du décès. Le solde dû à la succession est calculé sur la base des jours effectivement travaillés. La rupture est notifiée à l'OPCO selon les procédures habituelles.

Nouveauté 2026 : la rupture immédiate par l'apprenti en cas de manquements graves de l'employeur

Le régime de rupture du contrat d'apprentissage vient d'évoluer significativement. Par un avis publié au Bulletin le 15 avril 2026 (Cass. soc., n° 26-70.002), la chambre sociale de la Cour de cassation a tranché une question qui divisait les juges du fond depuis plusieurs années : un apprenti peut-il rompre immédiatement son contrat lorsque l'employeur manque gravement à ses obligations ?

Ce que dit la Cour de cassation

La réponse est positive, mais avec une nuance importante. La Haute juridiction admet que, lorsque l'apprenti invoque des manquements graves de l'employeur rendant impossible la poursuite du contrat, il peut y mettre fin immédiatement. Dans cette hypothèse, l'apprenti n'est pas tenu de respecter la procédure ordinaire de démission : ni saisine du médiateur consulaire, ni respect du préavis de 5 jours + 7 jours imposé par l'article L6222-18.

En revanche, la Cour refuse de qualifier cette rupture de « prise d'acte ». Elle consacre un mode de rupture sui generis, à rapprocher du régime applicable au CDD : le salarié en CDD peut rompre son contrat avant l'échéance en cas de faute grave de l'employeur (article L1243-1 du Code du travail). Cette distinction terminologique n'est pas anodine : elle préserve la spécificité du régime de l'apprentissage tout en offrant à l'apprenti une porte de sortie immédiate face à une situation devenue intenable.

Avis Cass. soc. 15 avril 2026, n° 26-70.002 : en cas de manquements graves de l'employeur rendant impossible la poursuite du contrat, l'apprenti peut rompre immédiatement son contrat d'apprentissage, sans saisir le médiateur ni respecter de préavis. Cette rupture n'est pas qualifiée de « prise d'acte » mais relève d'un régime sui generis. Validité et imputabilité appréciées a posteriori par le conseil de prud'hommes.

Ce qui constitue un « manquement grave » de l'employeur

L'avis du 15 avril 2026 ne dresse pas de liste exhaustive : il appartiendra aux juges du fond de construire la doctrine au cas par cas. Toutefois, plusieurs cours d'appel ont déjà identifié des situations qui caractérisent des manquements suffisamment graves :

  • Non-paiement des heures de travail et des majorations (dimanche, nuit, jours fériés) : CA Pau, 20 juin 2024, RG n° 23/02688.
  • Non-respect de la durée du travail et des temps de repos, paiement irrégulier des heures supplémentaires : CA Toulouse, 10 janvier 2025, RG n° 23/00519.
  • Absence de fourniture des équipements de protection individuelle dans des secteurs à risque.
  • Harcèlement moral ou sexuel, par analogie avec la jurisprudence classique de la prise d'acte.
  • Défaut d'inscription de l'apprenti aux examens ou absence d'initiation au métier prévu par le contrat.

À l'inverse, des griefs ponctuels ou des conflits relationnels mineurs ne suffiront pas. La gravité doit être suffisamment caractérisée pour rendre impossible la poursuite du contrat.

Le contrôle a posteriori du juge prud'homal

L'apprenti qui rompt immédiatement son contrat sur ce fondement doit ensuite saisir le conseil de prud'hommes pour faire constater la rupture aux torts de l'employeur. Le juge apprécie alors la gravité des manquements invoqués et statue :

  • Si les manquements sont caractérisés : la rupture est imputable à l'employeur, qui peut être condamné à verser des dommages et intérêts.
  • Si les manquements ne sont pas démontrés : la rupture est analysée comme une démission irrégulière, et l'apprenti peut être condamné à indemniser l'employeur pour la rupture anticipée.

Le mécanisme est donc protecteur mais pas inconditionnel. Pour l'apprenti, c'est un nouveau levier essentiel face à un environnement de travail défaillant ; pour l'employeur, c'est une incitation forte à respecter scrupuleusement ses obligations contractuelles (paiement, durée du travail, sécurité, formation effective).

Conséquences pratiques pour les CFA

Cette évolution jurisprudentielle change concrètement plusieurs choses dans le quotidien des CFA :

  • L'accompagnement de l'apprenti en difficulté devient stratégique : un apprenti confronté à des manquements graves de son employeur peut désormais quitter immédiatement le contrat. Le CFA a tout intérêt à détecter ces situations en amont (via les visites pédagogiques, les remontées d'apprentis, les signaux faibles) pour orienter vers le médiateur si la situation peut être négociée, ou pour préparer l'accompagnement post-rupture si elle ne peut pas l'être.
  • L'obligation des 6 mois (article L6222-18-2) s'applique pleinement : maintien de la formation théorique, statut stagiaire de la formation professionnelle, recherche d'un nouvel employeur.
  • La sensibilisation des entreprises partenaires devient un sujet : rappeler aux maîtres d'apprentissage et aux services RH les obligations essentielles (paiement intégral, durée du travail, sécurité, encadrement effectif) permet d'éviter les situations à risque.

Quelles conséquences financières pour le CFA ?

Quel que soit le motif de rupture, l'impact sur le financement OPCO suit la même logique : seules les périodes effectivement réalisées sont financées. C'est la mise en œuvre de cette règle qui crée la principale difficulté de trésorerie.

La proratisation du financement OPCO

Le financement total dû par l'OPCO au CFA est recalculé selon la formule : NPEC ÷ 365 × nombre de jours de formation entre l'entrée en contrat et la date de rupture. Le NPEC reste celui de la certification visée, le diviseur reste fixe à 365, et le nombre de jours correspond aux jours civils écoulés entre la date de début du contrat et la date effective de rupture (et non aux jours de formation pratique en entreprise qui définissent la période probatoire).

Exemple : pour un contrat de 24 mois avec un NPEC de 8 000 €/an, démarré le 1er septembre et rompu le 15 décembre suivant, soit 105 jours, le financement OPCO total sera de 8 000 ÷ 365 × 105 = 2 301 €, à comparer aux 16 000 € initialement prévus sur 730 jours.

L'impact sur l'échéancier 40/30/20/10

L'échéancier de versement en 4 tranches (40 % à l'entrée, 30 % à mi-parcours, 20 % aux deux tiers, 10 % au solde après remise du certificat de réalisation) doit être recalculé. Trois situations se présentent selon la date de rupture :

  • Rupture avant la 1re tranche perçue : aucun versement n'est dû par l'OPCO, le calcul proratisé est annulé.
  • Rupture après la 1re tranche, avant la 2e : si le montant proratisé est supérieur à la 1re tranche déjà versée, l'OPCO complète. S'il est inférieur, le CFA peut être amené à rembourser la différence.
  • Rupture à un stade avancé : le calcul cumulé des tranches versées est comparé au montant proratisé. Le solde positif est versé ou le négatif fait l'objet d'un appel à remboursement.

Le solde et les remboursements éventuels

Le mécanisme exact des remboursements OPCO en cas de rupture varie d'un OPCO à l'autre. La plupart appliquent une compensation sur les versements à venir d'autres contrats, plutôt qu'un remboursement effectif. Mais pour les CFA dont le volume de contrats avec un OPCO donné est limité, le remboursement direct reste possible et peut peser lourdement sur la trésorerie de fin d'exercice.

L'obligation du CFA : maintenir l'apprenti en formation pendant 6 mois

Point souvent méconnu mais central : la rupture du contrat d'apprentissage n'est pas, pour le CFA, la fin de ses obligations vis-à-vis de l'apprenti. L'article L6222-18-2 du Code du travail impose au CFA dans lequel est inscrit l'apprenti deux obligations cumulatives.

Maintenir la formation théorique pendant 6 mois

Le CFA doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour permettre à l'apprenti de continuer à suivre sa formation théorique pendant 6 mois à compter de la date effective de la rupture. L'apprenti n'a donc pas à interrompre son cursus, même s'il n'a plus de contrat en entreprise. Concrètement, il reste inscrit, suit les cours, passe les évaluations.

Pendant cette période, l'apprenti bénéficie du statut de stagiaire de la formation professionnelle. Cela ouvre droit à une rémunération versée par la Région (au titre des stagiaires de la formation professionnelle), une couverture sociale spécifique, et l'accès aux dispositifs d'accompagnement habituels.

Contribuer à trouver un nouvel employeur

Le CFA doit également contribuer activement à la recherche d'un nouvel employeur pour permettre à l'apprenti d'achever son cycle de formation et de présenter le diplôme préparé. Cette obligation de moyens (et non de résultat) suppose une mobilisation concrète : sollicitation du réseau d'entreprises partenaires, mise en relation, accompagnement à la rédaction de CV, préparation aux entretiens.

Si un nouvel employeur est trouvé pendant les 6 mois, un nouveau contrat d'apprentissage peut être signé pour permettre à l'apprenti de poursuivre son cursus. Au-delà des 6 mois, sans nouveau contrat, l'apprenti perd le statut de stagiaire et bascule vers un autre dispositif (formation continue, contrat de professionnalisation, etc.).

Article L6222-18-2 du Code du travail : en cas de rupture, le CFA prend les dispositions nécessaires pour permettre à l'apprenti de suivre sa formation théorique pendant 6 mois et contribue à lui trouver un nouvel employeur. Pendant cette période, l'apprenti bénéficie du statut de stagiaire de la formation professionnelle.

Conséquences opérationnelles pour le CFA

Cette obligation impose au CFA une véritable cellule d'accompagnement post-rupture : suivi nominatif des apprentis sans contrat, mobilisation du réseau entreprises, reporting au financeur (Région), et coordination avec l'apprenti sur la durée des 6 mois. C'est aussi un indicateur de qualité pris en compte dans le cadre de la certification Qualiopi, qui valorise la capacité du CFA à sécuriser le parcours des apprentis.

Quelles conséquences pour l'entreprise ?

La rupture du contrat d'apprentissage entraîne des conséquences spécifiques pour l'employeur, en particulier sur les aides à l'embauche perçues.

L'aide unique à l'apprentissage : risque de remboursement

Les aides à l'embauche d'apprenti versées par l'État (aide exceptionnelle ou aide unique selon les périodes et les barèmes en vigueur) sont conditionnées à la poursuite effective du contrat. En cas de rupture intervenant pendant la première année, l'employeur peut être amené à rembourser les tranches déjà perçues, sauf cas spécifiques (rupture à l'initiative de l'apprenti, force majeure).

Au-delà de la première année, les aides sont généralement conservées au prorata des mois effectivement réalisés. Les modalités exactes dépendent du décret en vigueur à la date de signature du contrat, et il est recommandé de consulter le portail de l'ASP (Agence de Services et de Paiement) pour vérifier la situation au cas par cas.

Obligations sociales et formalités

L'employeur doit, dans les jours qui suivent la rupture effective :

  • Établir le solde de tout compte de l'apprenti (dernière paie, indemnité compensatrice de congés payés non pris, prime éventuelle).
  • Remettre le certificat de travail et l'attestation France Travail (ex-Pôle emploi).
  • Effectuer la déclaration de rupture auprès de l'OPCO, via le formulaire dédié, avec la date effective de la rupture, le motif et les pièces justificatives (convention de rupture, lettre de démission, notification de licenciement, etc.).
  • Mettre à jour la DSN (Déclaration Sociale Nominative) du mois concerné.

Comment sécuriser la procédure côté CFA ?

Pour les CFA, la rupture d'un contrat d'apprentissage n'est pas qu'une question juridique : c'est un événement opérationnel à anticiper, suivre et clôturer rigoureusement. Quatre bonnes pratiques permettent d'en limiter l'impact financier et qualité.

  1. Détecter les signaux faibles : absentéisme répété, retards de paie, conflits avec le maître d'apprentissage. Un suivi rapproché des premières semaines (échanges réguliers entreprise + apprenti) permet souvent d'éviter la rupture par une médiation précoce.
  2. Outiller la collecte des pièces : convention de rupture, lettre de démission, attestation de saisine du médiateur. Une checklist par motif évite les oublis qui retardent la notification OPCO et donc le recalcul du financement.
  3. Anticiper l'impact trésorerie : intégrer un taux de rupture moyen dans le budget prévisionnel (souvent 20 à 30 % la première année selon les filières). Cela permet d'éviter les mauvaises surprises en fin d'exercice.
  4. Suivre les contentieux potentiels : une rupture pour faute grave mal motivée peut être contestée par l'apprenti devant le conseil de prud'hommes, avec un risque de requalification en rupture abusive et de dommages et intérêts. En cas de doute, un conseil juridique en amont sécurise la procédure.

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✅ À retenir

  • Depuis la loi de 2018, la rupture du contrat d'apprentissage ne passe plus par les Prud'hommes : 5 motifs légaux suffisent (article L6222-18 du Code du travail).
  • La période probatoire dure 45 jours de formation pratique en entreprise (jours effectivement travaillés), pas 45 jours civils. Pendant cette période, la rupture est libre.
  • Après la période probatoire, 4 modes possibles : commun accord, démission de l'apprenti (avec saisine obligatoire du médiateur), initiative de l'employeur (faute grave, inaptitude, force majeure), exclusion définitive du CFA.
  • Côté CFA : le financement OPCO est proratisé selon la formule NPEC ÷ 365 × jours effectifs. L'échéancier 40/30/20/10 est recalculé, avec possibilité de remboursement si une tranche déjà versée excède le proratisé.
  • Nouveauté 2026 (avis Cass. soc. 15 avril 2026, n° 26-70.002) : l'apprenti peut rompre immédiatement son contrat en cas de manquements graves de l'employeur, sans saisir le médiateur ni respecter de préavis. Le juge prud'homal apprécie ensuite l'imputabilité.
  • Côté entreprise : risque de remboursement de l'aide unique à l'apprentissage en cas de rupture pendant la première année, sauf exceptions (rupture à l'initiative de l'apprenti, force majeure).
  • Obligation CFA (article L6222-18-2) : maintenir l'apprenti en formation théorique pendant 6 mois et contribuer activement à lui trouver un nouvel employeur. L'apprenti bénéficie du statut de stagiaire de la formation professionnelle pendant cette période.

Questions fréquentes

Qui paie quoi en cas de rupture d'un contrat d'apprentissage ?

L'OPCO finance les jours effectivement réalisés en formation, sur la base de la formule NPEC ÷ 365 × jours effectifs. Si une tranche déjà versée excède ce montant, l'OPCO peut exiger un remboursement (ou compense sur d'autres contrats). L'employeur règle le solde de tout compte de l'apprenti et peut être amené à rembourser les aides à l'embauche si la rupture intervient dans la première année.

L'apprenti peut-il démissionner sans préavis ?

Non. Après la période probatoire, l'apprenti qui souhaite démissionner doit d'abord saisir le médiateur de l'apprentissage de sa CCI, CMA ou chambre d'agriculture. Il doit ensuite notifier sa décision à l'employeur par écrit, après un délai minimum de 5 jours suivant la saisine. La rupture effective intervient 7 jours après cette notification, soit 12 jours minimum au total.

Une rupture pour faute grave peut-elle être contestée ?

Oui. L'apprenti peut contester la rupture devant le conseil de prud'hommes s'il estime que la faute grave n'est pas caractérisée. En cas de requalification en rupture abusive, l'employeur peut être condamné à verser des dommages et intérêts. Pour sécuriser une rupture pour faute grave, un avertissement écrit préalable, un entretien formalisé et une notification motivée par lettre recommandée sont fortement recommandés.

Que devient le financement OPCO si la rupture intervient juste après le versement d'une tranche ?

Le calcul proratisé est appliqué quelle que soit la date de la rupture. Si la tranche versée excède le montant proratisé, l'OPCO procède à un appel à remboursement ou à une compensation sur les versements à venir d'autres contrats. Pour anticiper ce risque, certains CFA constituent une provision pour rupture dans leur trésorerie prévisionnelle.

Un apprenti exclu du CFA est-il automatiquement renvoyé de l'entreprise ?

Non, mais l'exclusion définitive du CFA constitue un motif légitime de rupture du contrat d'apprentissage pour l'employeur. Celui-ci doit alors notifier la rupture par écrit à l'apprenti. L'exclusion temporaire (sans décision définitive du CFA) ne suffit pas à justifier la rupture du contrat d'apprentissage.

Que change l'avis Cass. soc. du 15 avril 2026 pour les apprentis ?

L'avis du 15 avril 2026 (n° 26-70.002) autorise l'apprenti à rompre immédiatement son contrat d'apprentissage en cas de manquements graves de l'employeur (non-paiement, non-respect de la durée du travail, harcèlement, absence d'équipements de sécurité, etc.), sans saisir le médiateur consulaire ni respecter de préavis. Cette rupture n'est pas qualifiée de prise d'acte mais relève d'un régime sui generis. L'apprenti doit ensuite saisir le conseil de prud'hommes, qui appréciera la gravité des manquements et l'imputabilité de la rupture.

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