La comptabilité analytique est obligatoire pour tout centre de formation d'apprentis (CFA) depuis l'exercice 2020. Elle consiste à isoler les charges et les produits de l'activité apprentissage, par diplôme et titre préparé, selon la méthode des coûts complets, puis à transmettre ces données chaque année à France compétences.
Oui. L'obligation découle de l'article 24 de la loi Avenir professionnel du 5 septembre 2018, codifié à l'article L6231-4 du Code du travail. Ce texte impose à tout CFA de mettre en place une comptabilité analytique, sans condition de taille ni de chiffre d'affaires. Les règles pratiques sont fixées par un arrêté ministériel.
L'arrêté du 21 juillet 2020 a précisé ces règles, applicables dès l'exercice comptable clos au 31 décembre 2020. Il a ensuite été modifié par l'arrêté du 30 mars 2023, entré en vigueur pour l'exercice clos au 31 décembre 2022, qui a renforcé les exigences de fiabilité des données transmises.
L'objectif est de donner à France compétences une connaissance des coûts réels de l'apprentissage, établissement par établissement et diplôme par diplôme. Ces données servent à réviser les niveaux de prise en charge (NPEC) versés par les opérateurs de compétences (OPCO). Autrement dit, la comptabilité analytique des CFA alimente directement le calcul des financements du secteur.
La règle impose la méthode des coûts complets par diplôme et titre préparé. Chaque euro dépensé ou perçu doit être rattaché à une activité, puis à une formation précise. Concrètement, l'exercice repose sur trois familles d'écritures et sur des clés de répartition.
Un organisme à activités multiples doit d'abord isoler l'apprentissage de ses autres activités (formation continue, bilan de compétences). C'est la première clé de répartition. Depuis l'arrêté de 2023, la répartition entre apprentissage et formation continue se fait en priorité selon les effectifs ou les heures de formation réalisées.
Les charges directes sont rattachables sans ambiguïté à une formation : rémunération d'un formateur dédié, matériel pédagogique d'une filière. Les charges indirectes communes (loyer, chauffage, administration générale) sont réparties entre les diplômes via une clé, le plus souvent le nombre d'heures de formation propre à chaque titre préparé.
Côté produits, il faut distinguer ceux qui viennent de la facturation des contrats d'apprentissage (le financement OPCO) des autres produits perçus au titre de l'apprentissage, comme le solde de la taxe d'apprentissage. Chaque produit est rattaché à la formation qu'il finance.
Chaque CFA transmet ses coûts par diplôme et titre préparé à France compétences après le 31 décembre de chaque année civile, quelle que soit la date de clôture de ses comptes. La remontée se fait via un formulaire type mis à disposition par France compétences, sur la base de l'annexe de l'arrêté.
Depuis l'arrêté du 30 mars 2023, les données transmises doivent être validées par une personne faisant autorité : commissaire aux comptes, expert-comptable ou comptable public. Cette personne établit une attestation de fiabilité des éléments comptables. France compétences communique ensuite à l'administration la liste des CFA ayant satisfait à leur obligation, ce qui ouvre la voie à des sanctions pour les manquants.
La difficulté n'est pas la théorie, mais la production annuelle des écritures ventilées. Un CFA qui gère des centaines de dossiers doit pouvoir sortir, pour chaque contrat, l'écriture comptable rattachée à la bonne formation, au bon financeur et au bon compte. C'est là qu'un logiciel de gestion structuré fait gagner un temps considérable.
L'enjeu est d'associer, dès la saisie du dossier, les bons paramètres comptables : le compte de produit, le compte de tiers, l'OPCO financeur et le rattachement analytique de la formation. Si ces informations sont saisies proprement en amont, l'export comptable devient une simple extraction, sans ressaisie manuelle.
Filiz permet de générer un export CSV des écritures comptables, prêt à réinjecter dans un logiciel de comptabilité comme Sage ou tout autre outil de gestion. Les comptes et le rattachement analytique sont paramétrés une fois dans les fiches, puis ressortent automatiquement dans l'extraction, ce qui évite la ressaisie et fiabilise la remontée.
L'export Filiz porte à la fois l'imputation comptable et le rattachement analytique. C'est cette double couche qui permet à l'expert-comptable de produire les coûts complets sans ressaisie.
Chaque écriture exportée porte donc la formation, son compte de produit, son compte de tiers et l'OPCO financeur. Le CFA récupère un fichier structuré qu'il transmet à son expert-comptable pour le calcul final des coûts complets et la validation exigée par France compétences.
Oui. L'article L6231-4 du Code du travail impose cette obligation à tout CFA, quel que soit son statut et sans condition de chiffre d'affaires. Les organismes publics ou consulaires dont la comptabilité est intégrée à leur structure de rattachement doivent également la tenir.
La comptabilité générale retrace l'ensemble des opérations de la structure et produit le bilan et le compte de résultat. La comptabilité analytique ventile ces mêmes opérations par activité et par formation, pour connaître le coût réel de chaque diplôme préparé par apprentissage.
La transmission se fait chaque année après le 31 décembre, quelle que soit la date de clôture des comptes du CFA. Elle passe par un formulaire type fourni par France compétences et doit être accompagnée d'une attestation de fiabilité établie par un commissaire aux comptes, un expert-comptable ou un comptable public.
Un logiciel de gestion CFA structure la donnée et génère un export comptable exploitable, ce qui supprime la ressaisie. En revanche, le calcul des coûts complets, le choix des clés de répartition et la validation finale relèvent du CFA et de son expert-comptable.